• La sorcière du puits

     

    Il est une sorcière,

    Au fond du puits devant,

    On peut voir sa crinière,

    Flotter en se penchant.

     

    Elle a des yeux de braise,

    Et un grand nez crochu,

    Dans l’eau elle est à l’aise,

    Sur son balai branchu.

     

    Le soir au crépuscule,

    Quand revient le hibou,

    Que la chouette hulule,

    Elle sort de son trou.

     

    Et près du cimetière,

    En dansant le sabbat,

    On voit cette mégère,

    Avec un vilain  rat.

     

    Quand pointe la lumière,

    Là-bas à l’horizon,

    La méchante sorcière,

    Retourne en sa maison.

     


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  •  

    La vieille charrue

     

    Rouillée de tous ses fers et privée de son soc

    Se meurt dans les orties une vieille charrue

    En service elle était solide comme un roc

    Elle est abandonnée et loin de toute vue

     

    Elle a pourtant creusé d’innombrables sillons

    Dans le limon léger, les terres argileuses

    Tirée par deux ou trois courageux percherons

    Dirigée par un homme aux grosses mains calleuses

     

    Elle tranchait le sol, bousculait les cailloux

    En automne, au printemps quand venait le redoux

    Elle était un outil utile, indispensable

     

    La voici maintenant oubliée de l’humain

    Avec ses souvenirs sans aucun lendemain

    Adieu vieille charrue ô combien respectable


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  • La mémoire des sens

     

    Je vois dans un halo un joli paysage,

    Des coteaux et des creux entourant un village,

    Je reconnais déjà le toit d’une maison,

    C’est là que je vivais à la belle saison.

     

    Dans un souffle léger, la brise me caresse,

    C’est la même qu’avant, du temps de ma jeunesse,

    Ecarquillant les yeux, j’aperçois le clocher,

    De loin rien n’a changé, je vais m’en approcher.

     

    J’entends dans le lointain comme une mélodie,

    Des mots d’une douceur qui ravivent l’envie,

    Je ressens sur ma joue un baiser chaleureux,

    Dans des bras accueillants qui me rendent heureux.

     

    Je savoure déjà une tarte aux groseilles,

    Me voici comme Alice au pays des merveilles,

    Je vais me régaler de gaufres, de beignets,

    De blanquette de veau, d’excellents coquelets.

     

    Il me semble inhaler une odeur agréable,

    Un mélange épicé, léger, incomparable,

    L’odorat se souvient, c’était un vrai bonheur,

    La mémoire des sens est gravée dans le cœur.

     


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  • Les grandes vacances

     

    Il était une fois, au temps de mon enfance,

    Quand le calendrier était à mi-juillet,

    Mon cœur battait plus fort, c’était la délivrance,

    Pour aller à Seigneulles ô que oui, j’étais prêt.

     

    Déjà je me voyais arriver au village,

    Retrouvant mes aïeux, leur maison, leur douceur,

    J’imaginais alors le riant paysage,

    Qui s’offrait à mes yeux pour mon plus grand bonheur.

     

    J’étais surexcité, ne tenais plus en place,

    J’avais peur de rater le fameux autocar,

    D’arriver en retard, c’était une menace,

    Je bousculais mon père et hâtais le départ.

     

    Je montais le premier, brûlant la politesse,

    Aux autres voyageurs parfois très étonnés,

    De voir que j’étais seul, que malgré ma jeunesse,

    Je savais me tenir avec autorité.

     

     Le chauffeur installé, c’était le démarrage,

     Un instant attendu, le début du congé,

    Il me fallait subir les rigueurs du voyage,

    Mais au bout du chemin, c’était la liberté.


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  • Un petit coin tranquille

     

    Loin du bruit de la folle ville,

    Il est un pays merveilleux,

    Où l’on pourrait vivre tranquille,

    C’est le berceau de mes aïeux.

     

    Il y a des champs, des prairies,

    Des chemins au charme discret,

    Qui nous invitent aux flâneries,

    Sur les rives d’un ruisselet.

     

    Il y a des places charmantes,

    Quelques vénérables maisons,

    Des jardins aux fleurs odorantes,

    Et des fruits aux belles saisons.

     

    Vous y trouvez une fontaine,

    Et des puits dans chaque quartier,

    Loin de l’agitation urbaine,

    Vous oubliez le monde entier.

     

    On rencontre des gens paisibles,

    Qui ont beaucoup d’humanité,

    Des femmes, des hommes sensibles,

    Qui vivent la fraternité.

     


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