• La tarte aux mirabelles

    La tarte aux mirabelles

    La tarte aux mirabelles

    Louis arpentait son verger, les yeux levés vers les branches de son mirabellier.

    - Il est chargé cette année, je vais pouvoir faire quelques tartes, pensait-il.

    L’an dernier c’était la disette, l’arbre n’avait donné que quelques fruits, vite attaqués par les guêpes, Louis en avait mangé une petite poignée, juste pour lui mettre l’eau à la bouche.

    Il y a deux ans, Germaine était encore de ce monde, c’est elle qui confectionnait ce succulent désert de saison.

    -Je salivais rien qu’en humant la bonne odeur s’échappant du four.

    Faire une tarte, ce n’est pas compliqué, il suffit d’acheter une pâte déjà préparée et de la garnir de mirabelles.

    C’est ce que pensait le veuf, mais il fut déçu en sortant sa tarte du four, elle n’avait pas un aspect engageant et l’odeur n’était pas comparable à ce qu’il avait connu. Encore plus déçu à la première bouchée, la pâte était molle, insipide, les fruits presque en bouillie.

    -Tenez mes cocottes, régalez-vous. Louis venait de donner le reste de la tarte à ses poules, mais elles n’étaient pas plus enthousiastes que lui.

    - Ah ! Si ma Germaine était là, elle m’en aurait fait des tartes succulentes !

    Comme beaucoup de personnes seules, Louis avait fait cette déclaration à haute voix.

     

    -Ma parole, j’ai des hallucinations, je sens une bonne odeur, ça doit venir de chez la voisine, elle a aussi un beau mirabellier.

    Louis venait de rentrer des courses, il avait déjeuné  à la cafétéria de l’hypermarché, comme chaque jeudi.

    C’est en ouvrant la fenêtre de la cuisine qu’il découvrait, posé sur le rebord extérieur, un plateau recouvert d’une assiette.

    Avant de soulever le couvercle, il avait déjà deviné ce qui se cachait dessous.

    -Aussi belle que celle de ma Germaine.

    Et aussi bonne, sinon meilleure.

    Sous le plateau, un petit mot était glissé …Merci de me rapporter le récipient… Et c’était signé… votre voisine.

    Louis ne tardait pas à sonner à la porte d’Annie Langlois, une dame divorcée, installée dans la maison de feux ses parents depuis quelques mois.

    -Elle vous a plu ? J’en suis ravie, la prochaine, venez donc la déguster avec moi.

    Une véritable cure de tartes aux mirabelles, la dégustation se prolongeait par des parties de cartes, des soirées qui, la saison des fruits passée perduraient.

    Annie Langlois n’avait pas que des talents de cuisinière et les deux voisins se découvraient de nombreux points communs, mais chut, c’est un secret…

     

     


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