• - Un radiesthésiste? j'en connais un, je n'ai pas son adresse, il a déménagé mais Lucie doit l'avoir, elle m'a avoué qu'elle avait appel à lui pour retrouver Anne, elle m'avait demandé de garder le secret, peur de passer pour une folle, pourquoi vous avez du nouveau?

    Je monte au château, cette idée de radiesthésiste m'est venue hier soir, avant de m'endormir, je me souvenais d'un  qui, avec son pendule, avait retrouvé le corps d'un gosse disparu dans une forêt, je ne croyais pas du tout à ce genre de sornettes mais, depuis ce jour-là, je me dis que peut-être?

    - Monsieur Jacquet ? j'ai son numéro de téléphone, je l'avais effectivement contacté, en désespoir de cause, il avait promené son pendule sur une carte de la région, m'avait dit qu'elle n'était pas bien loin, qu'il ne l'a sentait ni dans la région de Châlons ni dans la vallée de la Marne  en aval,  il avait repris une carte du canton et soutenait qu'elle ne pouvait pas être ailleurs que dans un secteur proche.... il avait ajouté qu'elle ... n'était plus vivante. Vous avez une autre piste? à quoi pensez-vous?

    - Ce doit être le même homme que j'avais vu oeuvrer dans la forêt de Mouilley,  Jacquet, il est âgé?

    - Dans les soixante quinze ans environ, c'est un ancien vétérinaire, il habitait Avigny.

    Je montre le mot énigmatique.

    - Oh! mon dieu, ce serait possible, mais dans lequel? il en existait quatre ou cinq ici, ils ont été comblés, vous avez raison, il nous fait l'aide de ce monsieur, je le contacte de suite.

     

    Monsieur Jacquet semble heureux de mettre sa science à notre service, je me propose d'aller le prendre chez lui mais il décline poliment, arguant qu'il peut toujours conduire. Nous fixons un rendez-vous.

    - Dans un puits dîtes-vous, c'est parfait, les ondes se transmettent nettement mieux  dans un milieu aquatique, seul problème, le délai un peu long, plus de six mois, tout dépend.

    Le grand bonhomme sec et droit déballe son petit matériel, je me demande si une recherche avec de tels moyens est vraiment valable, si mon idée n'est pas saugrenue, enfin, trop tard.

    Nous commençons par le puits du bas, en essayant d'être discrets, difficile dans le village, les gens guettent derrière leurs carreaux, je vois quelques rideaux bouger dans les maisons voisines.

    - Non, aucune réaction dans celui-ci.

    Nous continuons par celui du" Vert-luisant" sans plus de réussite. Pourquoi ce nom curieux?

    Nous sommes autour du quatrième, celui dit du "Légionnaire" et monsieur Jacquet semble sentir des ondes, il tourne, recule, se place au-dessus.

    - Il y a un courant d'eau là-dessous, c'est certain et il est contrarié par une sorte de bouchon, cela pourrait bien être le corps d'un être humain.

    Notre manège n'est pas passé inaperçu, un couple de voisins s'approche; c'est la femme qui s'adresse à nous.

    - Qu'est ce que vous cherchez donc? Il a été bouché, comme les autres.

    - Quelle profondeur ce puits?

    - Quatre mètres jusqu'à la surface pas plus, le niveau ne montait jamais dans celui-ci, mais l'eau n'était plus potable depuis longtemps, juste pour abreuver les animaux, et encore, les chevaux  renâclaient

    L'homme vient de prendre la parole à son tour.

    - Je parie que vous pensez que la fille Parély est au fond... ce serait bien possible!

    - Pourquoi ce serait possible?

    - Comme ça.

    L'ancien semble savoir quelque chose de plus, ses sous-entendus, son air un peu suffisant. Je le prends un peu à l'écart, son épouse n'a pas l'air d'apprécier.

    - Vous qui habitez à proximité, avez-vous entendu ou vu des choses inhabituelles?

    - Ben, c'est-à-dire que p't'être.

    Je connais la technique avec ce genre de personne, ne pas brusquer, flatter un peu, pas trop,  considérer; après quelques grognements l’homme se libère enfin.

    - Dans le moment où la fille Parély est disparu, une nuit, j'ai entendu un bruit de voiture, des voix, le temps que je me lève pour voir ce qui se passait, plus personne, et puis il pleuvait comme vache qui pisse.

    - Quel jour?

    - J'sais plus, j'vous dis dans les jours-là.

    - Ce n'est pas habituel, une voiture en pleine nuit?

    - En été, ça peut arriver à la rigueur, un samedi, mais là, non pas habituel comme vous dîtes.

     

    Monsieur Jacquet est sûr de son pronostic.

    - Les trois autres, je ne sentais rien, par contre ici, c'est net.

    Je propose de continuer le tour. Il n'en reste plus qu'un puisque celui du Bavolet est comblé depuis plus de trente ans.

    Nous arrivons au dernier, celui du haut, le  profond.

    -Ah, voilà que ça remarche ici aussi.

    - Encore un autre cadavre?

    - Qui sait, c'est pareil, même sensation, mais effectivement plus profond.

    Nous nous demandons comment faire pour obtenir le déblaiement du puits du "Légionnaire", il est préférable de commencer par lui, encore plus de travail avec l'autre.

    Madame Parély est fermement décidée à faire dégager les gravats; Monsieur Maillet, le voisin du puits est d'accord pour témoigner afin d'appuyer notre demande, je le soupçonne de s'ennuyer et de voir dans cette action, un spectacle gratuit.

     Je ne participe pas aux démarches, Jean-François me comprend et il contacte la gendarmerie et la municipalité.

     

     


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