• Adieu Irène
    Je reviens de Seigneulles mais j’aurais préféré ne pas y aller dans de telles circonstances. Ma cousine Irène a quitté ce monde, terrassée par un mal qui parvient encore à détruire des vies. Elle a lutté, bien entourée par les siens mais que faire devant un adversaire aussi sournois. Personne n’oubliera le sourire qui ne la quittait jamais, sa gentillesse, les quelques souvenirs que je garde de son enfance me rappellent qu’enfant, elle était adorable. Je me souviens de ses parents, Germaine et Louis, tellement sympathiques et aussi de ses grands-parents, M. et Mme Maginot, très accueillants. J'ai une pensée aussi pour son frère Marcel. André se retrouve seul dans la belle propriété qu’ils avaient aménagée ensemble avec beaucoup de goût, en respectant son caractère. Heureusement, ses enfants sont proches et le souvenir d’Irène lui permettra de survivre.
    Le dernier au revoir à Irène, une cérémonie comme je n’en ai jamais vue, l’abbé Paté et son assistant sont à féliciter, et la chorale ! Des chants magnifiquement interprétés qui donnaient l’envie d’applaudir. Et que dire de l’immense foule qui se pressait dans la modeste église et dehors dans un calme étonnant. A la sortie du corps, une haie d’honneur jusqu’au cimetière où beaucoup de participants ont accompagné Irène, cela aussi je ne l’ai jamais vu. Irène méritait bien tous ces honneurs, toute cette reconnaissance, qu’elle repose en paix, espérons qu’une autre vie existe de l’autre côté où elle pourra continuer à rayonner.


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    Bonjour Seigneulles,

    Je viens de recevoir trois photos prises à Seigneulles, elles me sont confiées par la fille de Claudine et Roger Robin, qui pourrait identifier les personnes présentes sur ces clichés? merci.

    Un clic gauche sur la photo pour l'agrandir


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  • Un tapis de violettes dans le gazon, agréable à la vue et à l'odeur.


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  • Ils ne percent pas la neige, ils sont arrivés en retard, c'est tout de même la première floraison de l'année, c'est bon signe.

    Perce-neige


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  • Changement de décor, l'hiver se manifeste vigoureusement, c'est tout de même plus logique.

    Bonne journée


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  • Un hiver exceptionnel, il y encore des roses et des boutons, depuis mars 2011, ce rosier n'a pas défleuri!

    Bon dimanche

    Roses de janvier


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  • En quelques jours, le hêtre pleureur a encore changé de couleur, dans peu de temps, il sera dénudé!

    Changement de couleur


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  • L'automne et ses chaudes couleurs


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    C’est Didier Margon qui poursuit la lecture.

    Je rejoins la gare de Servigny a pied à travers les champs et les bois en évitant les villages, j’évite d’aller à Montlieu où je pourrais être reconnu, je prends le premier train et je descends à Dijon, je suis mal et je me présente dans un hôpital où je suis pris en charge immédiatement, le médecin diagnostique la tuberculose. Je suis bien soigné, après un traitement, je suis envoyé pour une cure de repos dans le Jura, je fais connaissance avec Maria, une jeune femme d’origine polonaise, elle a également connu les camps nazis, elle aussi a été bien soignée et nous décidons de nous consacrer aux malades, nous allons à Berck-Plage, malheureusement, en janvier 1953, Maria a une rechute, elle décède. Je quitte le Pas-de-Calais pour Lourdes où je deviens brancardier, pendant trente ans, je vis avec les malades et les handicapés, je partage leur peine.

    -Il ne parle pas de mon père, il n’est pas responsable, j’aime mieux ça.

    -Je termine, il reste encore quelques feuilles, j’ai l’impression de lire un testament… Lors d’un pèlerinage, j’ai un malaise, je pense à une rechute de la tuberculose, je consulte et j’apprends que j’ai un cancer sur un poumon. Le docteur est un ami, il ne me cache pas la vérité, c’est grave, il ne me reste que quelques mois à vivre. Avant de quitter ce monde, je veux revoir Champbourg, je passe au cimetière, la tombe d’Adrien est dans un état pitoyable, quand je vois le superbe monument des Pierret, je suis en rage, je constate que Charles a rejoint ses parents, je me doute que son fils Roger a pris la succession à la mairie et il me prend l’idée de le rencontrer. Je sonne à la porte, personne ne répond, je rebrousse chemin. Le lendemain, je pense que cela ne servira à rien de rencontrer le maire et je décide de lui faire peur. C’est dimanche, je suppose que toute la famille va à la messe, j’écris un billet, le glisse dans une enveloppe et dès, que la voiture des Pierret prend la route d’Oberville, je me suis procuré des passepartouts, j’entre dans la maison par une porte arrière et dépose la menace. En passant dans la grande pièce, j’aperçois des tableaux, l’un d’entre eux représente le centre du village dont notre maison, je le décroche et l’emporte. Je remonte au chalet, me recueille à l’endroit où mon frère aîné a été tué, puis je retourne à Lourdes. Mon ami docteur me conseille du repos et me fait admettre dans un hôpital de Toulouse d’où, j’en suis certain, je ne sortirais plus vivant. Je m’échappe de ce mouroir, je veux mourir chez moi, je navigue entre le chalet et la maison mais, avant de disparaître, je veux me venger des gens de Champbourg, le chlore, l’incendie du hangar et les cloches, c’est moi, j’apprends dans le journal l’assassinat de Simon Chauby, ça me retourne et je veux dire que je ne suis pas le coupable, je vais chez Hans, il n’ouvre pas sa porte, j’ai emprunté un vélo et une remorque pour transporter l’huile, je vole de l’essence à la scierie que je dépose chez nous, ensuite deux bouteilles de gaz dans une station-service, je remonte au chalet pour écrire ces pages, j’écris une lettre pour le journaliste que je poste, il me reste un acte ultime à accomplir, disparaître et faire disparaître notre maison.

    -Encore une page, plus loin.

    Il s’excuse des désagréments qu’il a causés, il demande qu’Adrien soit honoré comme il le mérite, que sa famille sorte des profondeurs de l’oubli.

    L’écriture de Gabriel danse devant mes yeux, Roger est pétrifié, Benoît est sorti prendre l’air, Didier referme le cahier religieusement.

    -Nous sommes des égoïstes, l’agonie des Mazard dure depuis quarante-cinq ans, nous devons absolument réparer cet oubli.

    -Un vélo et une remorque derrière le chalet.

    Nous suivons Benoît, l’attelage disparu est là, son propriétaire pourra le récupérer.

    -Un paquet ?

    Je crois devenir ce que contient ce paquet carré et plat.

    -Monsieur Pierret, le tableau de votre maman.

    C’est bien lui, en bon état.

    -J’étais persuadé qu’il était dans les cendres de la maison, c’était vraiment un grand monsieur ce Gabriel.

    Je pensais trouver une explication à l’utilisation de mon prénom officiel, rien à ce sujet, le mystère reste entier.

    Roger Pierret me demande de conserver le cahier.

    -Il s’est adressé à vous, c’est logique.

    Je veux informer Hans qui a retrouvé sa cabane, il n’est pas seul, Vincent Vernat et son petit-fils rendent visite à Mozart, je résume le testament de Gabriel, ils sont bouleversés.

    Champbourg veut rendre hommage à Gabriel et à la famille Mazard, une cérémonie officielle est programmée, suivi d’un office religieux.

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    Je me demande comment je vais traiter ce sujet douloureux, alors que le patron et le rédacteur en chef émettent l’idée de sortir une double page spéciale, je parviens à les convaincre de rester dans la sobriété et mon idée est adoptée.

    C’est ainsi que paraît une nécrologie de vingt lignes sur deux colonnes au milieu d’une page blanche,  cette publication insolite est commentée dans de nombreux journaux, à la télévision, nous recevons des courriers de la France entière et même d’Allemagne, des coups de téléphone, tous nous félicitant de cette initiative.

    -Nous avons eu une excellente idée, souligne monsieur Magien !

    Un ancien résistant du groupe de maquisards alerté par Adrien Mazard, m’envoie une longue lettre où il relate les faits qui se sont déroulés le 6 avril 1944.

    « Nous étions dix sept dans le chalet des Barrettes, représentant trois groupes, quatre du groupe Oural dont moi, cette réunion des responsables de secteur avait pour but de coordonner certaines actions pour éviter si possible les représailles des nazis. Nous étions là depuis environ vingt minutes, quand nous entendons « y a quelqu’un ? ». L’un des présents ouvre la porte qui donne dans la clairière et aperçoit un cycliste qui lui crie « Faut partir, des boches arrivent ». Nous nous échappons par la porte arrière pour rejoindre notre planque de repli, une sorte de grotte située de l’autre côté de la rivière, alors que nous étions cachés depuis une bonne demi-heure des bruits de moteur nous parviennent suivis presqu’aussitôt de rafales de mitrailleuse, puis des aboiements de chiens, nous avons encore attendus une heure avant de sortir et de rejoindre nos campements. Nous pensions que l’homme qui nous avait prévenus avait eu largement le temps de redescendre au village ou, connaissant les parages, qu’il avait pris le chemin qui rejoint Rouville par la forêt ».

    La Municipalité de Champbourg en réunion extraordinaire a voté à l’unanimité la pose d’un monument en mémoire des six personnes de la famille Mazard.

    -Nous allons déblayer rapidement les ruines de la maison, aménager une plateforme et ériger une stèle.

     

    Prologue

     

    La Municipalité et les habitants de Champbourg ont tenu leurs promesses, quelques mois plus tard, une stèle en mémoire des disparus était inaugurée lors d’une émouvante cérémonie. Tout le canton est présent et même au-delà, de nombreux drapeaux entourent le monument, ainsi que des délégations d’Anciens Combattants, de Résistants et de Déportés. Le discours de maître Margon fait sortir les mouchoirs, celui de Roger Pierret est sobre, il demande pardon pour tant d’années de mémoire oubliée.

     

     

     


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    Contrairement aux soupçons de Didier Margon, la serrure n’a pas été forcée, et pourtant, nous avons vite la preuve que le chalet a reçu une visite, sur la table, une bouteille d’eau presque pleine et un sac à dos.

    -Je ne comprends pas, comment s’est-il procuré une clé, il y a trois en circulation, la mienne et celles du vice-président et du secrétaire.

    Le sac à dos est ouvert, il contient un cartable que j’extrais. 

    La boucle ne tient plus, à l’intérieur le matériel d’un parfait écolier ainsi qu’un livret de famille.

    -Un cahier d’écolier, le billet que j’ai reçu vient de ce cahier.

    Roger Pierret a raison, le mien aussi a été détaché de ce cahier.

    Sur la première page, dans une écriture parfaite, nous lisons, cahier mensuel, Mazard Gabriel, mardi 19 octobre 1943.

    -C’était bien lui.

    Des dictées, des problèmes et des opérations, des devoirs d’histoire et de géographie avec dans la marge et d’une écriture rouge, des notes éloquentes, de nombreux 10/10, malgré la mauvaise qualité du papier, l’écriture est soignée, aucune tache.

    - Quand j’étais dans sa classe, Monsieur Langlois nous répétait souvent que Gabriel avait été son meilleur élève, combien de fois il le citait en exemple.

    Roger Pierret est ému.

    La dernière page des exercices est datée du mercredi 29 mars 1944, suivent deux feuilles blanches, ensuite, sur une page, une date écrite en travers et en gros caractères indique jeudi 6 avril 1944.

    Je tourne cette page et découvre un récit, l’écriture est différente, un peu plus fine et plus serrée que celle des pages précédentes.

    Je commence à lire à haute voix :

    Je suis dans le jardin avec Adrien quand arrive monsieur le maire tout essoufflé, il appelle mon grand frère et parle avec lui, je n’entends pas ce qu’ils disent, Bouboule prend son vélo et file vers le chemin du bois, quelques minutes plus tard j’entends des bruit de moteur, plusieurs véhicules boches traversent le village et prennent aussi la route du bois. Je suis inquiet, d’autant plus que des coups de feu retentissent sur les hauteurs de Champbourg, les boches redescendent du bois et ils s’arrêtent devant chez Sourain.

    -Les Sourain habitaient à la sortie du village vers Oberville, un couple de personnes âgées, il y a longtemps qu’ils sont morts, indique Roger.

    Je demande à Didier Margon de continuer la lecture, j’imagine la suite.

     Maman est malade, Margot a pris sa journée pour la soigner, papa et Marcel viennent de rentrer du travail, ils mangent un morceau à la cuisine. Depuis le jardin, je vois les véhicules allemands, ils sont toujours devant chez Sourain, j’attends qu’ils quittent le village pour aller vers le bois, j’espère qu’Adrien s’est caché en entendant le raffut. La moto et une automitrailleuse remontent vers le bois, je rentre à la maison et je préviens mon père de ce qui se passe, Marcel veut aller voir mais je lui dis d’attendre que les     

    Allemands décampent. On entend des bruits de moteur, ouf ! Ils s’en vont.

    La porte s’ouvre d’un grand coup, deux miliciens entrent, un officier Allemand les suit, l’un des miliciens crie : tout le monde dehors ! Mon père lui demande ce qui se passe, il répond : vous le saurez bientôt. L’autre entre dans la chambre, il fait lever maman et lui dit : habillez-vous, et vite. Margot est poussée dehors, on nous fait monter tous les quatre dans un véhicule. Arrivés à Montlieu, on nous fait descendre et remonter dans un camion bâché. Après au moins deux heures de route, nous arrivons sur le quai d’une gare, maman n’est pas bien, elle n’a pas supporté le voyage. D’autres personnes sont sur le quai, un train avec des wagons à bestiaux est en stationnement. Un boche pousse maman comme une brute, Marcel lui saute dessus et l’allonge d’un coup de poing, un gradé dégaine son pistolet et tire à bout portant sur mon frère qui s’écroule.

    -Vous voulez continuer ?

    Benoît accepte, le récit est poignant, écrit au présent, nous avons l’impression de vivre ces scènes d’horreur en direct.

    Maman et Margot sont montés dans un wagon, papa et moi dans un autre, Marcel est couché sur le quai, il ne bouge plus, la suite vous la connaissez, nous sommes emmenés en Allemagne, enfermés dans un camp nazi où l’on souffre de la faim et du froid et de ne pas savoir ce que sont devenues maman et Margot. Papa faiblit de jour en jour, il me demande de mettre fin à ses souffrances mais je ne peux le faire, puis il s’éteint sans dire un mot, dans un état d’épuisement extrême. Je me bats pour survivre, chaque matin je me dis que je veux voir le soir et chaque soir je prie pour voir le matin puis, un jour, au réveil, plus de gardien, plus de chien, le lendemain, nous sommes libérés par les Américains, c’est la folie, mon meilleur copain meurt dans mes bras en souriant, moi je tousse, je crache du sang.

    -Vous prenez le relais monsieur Margon.

    La sueur perle sur le front de Benoît, c’est pourtant un solide, à l’armée il était dans les paras et puis, combien d’accidents de la circulation il a photographié.

    Je suis transporté dans un hôpital militaire de Belfort, après un mois de traitement, je me sens mieux et je me sauve, je veux revenir à Champbourg, je veux absolument savoir pour quelles raisons notre famille a été victime de la barbarie nazie, qu’est devenu Adrien, et maman et ma sœur, elles sont peut-être revenues à la maison, les femmes étaient peut-être mieux traitées que nous. Je subtilise des vêtements à l’hôpital, je trouve un portefeuille avec une petite somme d’argent et des papiers, je garde juste les billets, cela me permet de prendre le train et un taxi pour arriver à Champbourg. Notre maison est vide, telle que nous l’avions quittée, une bouteille de vin sur la table et deux verres, je fais un peu de ménage, les literies sont moisies, je dors dans la remise et le matin de bonne heure, je monte au cimetière, je cherche la tombe d’Adrien, je suis à peu près certain que les coups de feu étaient pour lui. Après bien des recherches, je découvre un tumulus de terre déjà envahi de mauvaises herbes, une croix en bois et le nom de mon frère, une couronne en perles indique qu’elle a été offerte par la famille Vernat. Je monte au chalet,  remarque les trous dans la façade, je cherche le vélo mais je ne le trouve pas.

    -Ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’un petit bouquet de fleurs des champs a été déposé sur la tombe de Bouboule, c’est maman qui me l’a dit il y a deux jours, je voulais m’en assurer mais je n’ai pas eu le temps.

    Le maire baisse la tête, le pauvre Bouboule n’a pas eu les honneurs qu’il méritait, j’espère que la municipalité et les habitants vont réparer cet oubli.

    La suite ?...Je passe la journée dans la cabane, mon intention est de rencontrer monsieur Pierret, il va m’expliquer ce qui s’est passé exactement ce 6 avril 1944. J’attends le soir, je sais qu’il fait un tour de sa propriété avant de se coucher, je l’attends à côté du hangar. Il me voit mais je dois lui faire peur, il ouvre la bouche, recule, bute contre une machine et s’écroule. Il ne bouge plus, je me sauve et retourne à la maison, je pense aller à la gendarmerie et tout raconter mais le lendemain matin, je n’ai pas le courage et je quitte la région, je ne veux plus voir ce village maudit.

    -C’était bien une crise cardiaque, la peur, je crois que l’on peut croire ce qu’il écrit.

    Nous sommes bien d’accord avec Roger.

    C’est Didier Margon qui poursuit la lecture.


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  • L’assassin de Simon Chauby arrêté avait également rassuré Pierrot, je le rencontrais au café de la Mairie à Montlieu.

    -Avant de regagner la maison, j’avais demandé que l’on me débarrasse de tout le fourbi accumulé par le frangin, dès fois que l’assassin revienne sur les lieux du crime, des gars de l’armée sont venus, ils m’ont dit que les armes étaient reprises par un musée, ça fait un vide à la maison, j’attends le procès de ce salopard, dommage que la peine de mort soit supprimée, il méritait d’avoir le cou tranché aussi.

     

    Je sursautais, j’étais dans une phase profonde de mon sommeil, la sonnerie du téléphone me tirait de mon rêve, c’est Jean-Pierre, de service au standard des faits-divers.

    -Un incendie à Champbourg, une vieille maison, tu vois ce que je veux dire, je préviens Benoît.

    Pourvu qu’un visiteur n’ait pas laissé tomber un mégot, avec la poussière accumulée depuis des années, non, je n’ai vu aucun homme fumer lors de la visite.

    Je suis à quelques bornes de Champbourg, l’horizon est rougeoyant.

    C’est bien la maison Mazard qui flambe, plusieurs casernes de pompiers sont sur place, essayant de noyer le foyer attisé par un vent assez fort, les flammes sont hautes.

    Beaucoup de monde pour voir ce spectacle, cette fois tous les gens du village sont dehors.

    Le chef de groupe est affairé, je ne peux lui poser de question, les gendarmes sont obligés de faire reculer les badauds qui veulent être au premier rang.

    -Ca sent l’essence !

    Le jeune pompier a raison, l’odeur d’essence brûlée est évidente, et si l’incendiaire avait vidé les jerricans de la scierie dans la maison avant d’allumer une  mèche ?

    Les gendarmes sont présents mais je n’aperçois pas l’adjudant Quentin.

    -Il est en congé, depuis deux jours, nous attendons le lieutenant, m’indique un gendarme.

     

    Une forte explosion accompagne un jaillissement de planches, de morceaux de charpente et de tuile, les badauds reculent en poussant des cris.

    -Il doit y avoir des bouteilles de gaz, méfiez-vous, restez à distance, crie le chef des pompiers.

    Je n’ai vu aucune bouteille de gaz dans la masure, l’incendiaire a mis le paquet pour que tout disparaisse, probablement le revenant, Marcel ou Gabriel ?

    Une deuxième explosion retentit, un peu moins forte, suivie d’une gerbe d’étincelles, le feu redouble de violence, les lances à incendie sont dirigées vers une maison voisine, le mur est copieusement arrosé.

    -Protégeons les voisins, laissons brûler la bicoque.

     

    Comme je le craignais, au petit matin, les pompiers découvraient un corps dans les ruines de la maison Mazard.

    -Un corps calciné, les restes ont été envoyés au labo, m’indique la gendarmerie.

    J’appelle Roger Pierret, lui aussi appréhendait ce scénario macabre.

    -Mais pourquoi ce suicide, s’il s’agissait d’un fils Mazard, il pouvait me contacter, je ne comprends pas, et votre ami le charbonnier qui s’évanouit en croyant voir un fantôme, l’imbécile, en l’accueillant, il pouvait le sauver.

     

    Les résultats du laboratoire concernant le corps me sont communiqués, ils sont succincts, il s’agit d’un homme d’une soixantaine d’années.

    -Du courrier pour toi Laurent, enfin je pense, il n’y a qu’un Passy chez nous.

    La réceptionniste me tend une enveloppe, je comprends la réflexion de Sophie, mon correspondant connait mon prénom officiel, à ma naissance, mes parents m’avaient prénommé Paul sans penser que l’initiale doublée n’était pas très agréable à l’oreille, surtout pour un garçon, c’est Laurent, mon second prénom qui a été adopté. Cette particularité m’occasionne pourtant quelques ennuis, ma carte d’identité indique Paul en priorité.

    J’ouvre fébrilement l’enveloppe…

    Je reconnais immédiatement le papier et l’écriture, une seule phrase sur ce billet : Chalet des Barrettes.

    Que vais-je découvrir dans ce chalet ? Il me faut une clé, je prends la décision de téléphoner à maître Margon, je lui explique la situation.

    -Je vous passe mon fils, moi je ne chasse plus depuis belle lurette.

    Didier se propose de me véhiculer, j’accepte.

    -Rendez-vous à Champbourg, sur la place de la mairie, d’ici une heure, ça vous va ?

    J’invite Benoît pour ce voyage.

    -Tu t’attends à quoi Laurent ?

    -Je l’ignore, peut-être les preuves que l’homme retrouvé dans la maison est bien un fils Mazard, nous allons savoir lequel.

    -Tu devrais inviter le maire de Champbourg.

    Benoît a raison, j’appelle Roger Pierret, il nous attends sur la place.

    Didier Margon est à l’heure, il est au volant d’un 4/4. 

    Je lui apprends que je suis déjà venu sur place.

    -Avec votre voiture ?

    -En partie, j’ai fais le bois à pied.

    -Je m’attends à voir la serrure forcée, cela arrive deux ou trois fois dans l’année, nous avons barricadé la porte arrière mais les vandales parviennent à entrer par la porte avant, par effraction.

    -Vous fréquentez ce chalet en dehors de la saison de chasse ?

    -Nous organisons deux pique-niques en été et nous le prêtons à une société de tir pour leur barbecue.

    -Je me suis permis d’inviter monsieur Pierret, il ne devrait pas tarder.

    -Vous avez bien fait…le voilà !

    Avant de monter dans le véhicule, nos regards convergent vers les ruines de la maison Mazard, mais personne ne dit mot.

     


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  • Le voleur de poules

     

    Maurice Henriot était furieux, une poule manquait à l’appel ce matin, et parmi les meilleures pondeuses. Depuis le début de l’année, c’était la troisième.

    -J’ai pourtant mis deux pièges à renard et je ferme le poulailler chaque soir, c’est un rusé celui-là.

    Lors de la première disparition, des roulottes de camps-volants s’étaient installées à la sortie du village, Maurice avait soupçonné ces voyageurs mais les fois suivantes ils n’étaient pas là.

    -Si ce n’est pas un renard, qui ça peut bien être, tout le monde a des poules ici.

    Monter la garde chaque nuit était hors de question, pendant plusieurs jours, le volé cogitait.

    -Je vais mettre de la suie sur la poignée de la porte, dès que je constate un nouveau vol, je vais rendre visite à mes voisins, celui qui aura la main noire sera le coupable.

    Chaque matin, Maurice prenait soin, en ouvrant la porte du poulailler de prendre la poignée par le bout. Pendant une vingtaine de jours toutes les poules répondaient présentes jusqu’à aujourd’hui.

    -La belle blanche manque, il sait choisir ses proies ce vandale, c’était la meilleure.

    Maurice commençait par rendre visite à Auguste, ce voisin lui semblait capable de commettre un méfait, il avait des antécédents, pris la main dans le sac… de blé de Gustave le fermier.

    Auguste n’avait pas la main vraiment blanche mais se lavait-il souvent ?

    C’est au bout de la rue qu’il découvrait son voleur, Bastien un retraité de la gendarmerie, c’était bien le dernier qu’il soupçonnait, d’ailleurs il trouvait inutile de lui rendre visite tellement il avait confiance.

    -Je ne te donne pas la main, tu vois…

    -Oui, je vois…

    -Je suis en train de nettoyer les tuyaux du fourneau.

    Fausse piste, en effet, les deux mains étaient noires, et même le bout du nez de l’ancien gendarme.

    Une idée germait dans la tête de Maurice, en parlant de tuyaux, ce voisin pourrait lui en donner sur son affaire, lui qui a traqué les voleurs pendant des années.

    -Tu es certain que ce n’est pas un renard, ou une belette ?

    -J’ai mis des pièges et la porte reste fermée la nuit.

    Le volé n’osait parler de la suie sur la poignée.

    Je termine mon sale travail et je viens te voir.

    Maurice se dépêchait d’essuyer les traces noires sur la poignée.

    -Bizarre, c’est quelqu’un qui connait bien le lieu, il est obligé d’entrer dans la grange, un proche, tu ne vois personne dans ton entourage ?

    -Non.

    Louise, la femme de Maurice n’avait pas l’air contente.

    -C’est toi qui viens de te laver les mains sur l’évier, tu aurais pu enlever les traces noires ?

    Maurice remerciait Bastien.

    -Merci du conseil, je crois savoir qui est le coupable.

    Jean-Louis le gamin de Maurice et de Louise était bien le voleur, il avait trouvé un moyen de se faire de l’argent de poche, une bonne poule se vendait facilement et son voisin Auguste était acheteur.


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  • Comme je passe à proximité de l’hôpital, je vais en profiter pour rendre visite à Hans, il devrait regagner sa cabane avant fin de la semaine.

    -Je commence à en avoir marre, les infirmières sont gentilles, mais entre ces quatre murs et dans ce lit blanc, je suis comme dans un cercueil.

    -J’ai appris que tu avais un chien.

    -Oui, depuis trois semaines, une pauvre bête perdue, il m’a tout de suite adopté, Vincent Vernat est venu me voir, c’est lui qui le garde en attendant mon retour, un chic type ce Vincent, pas comme ses cousins.

    -Ton visiteur qui ressemble au père Mazard, il était venu comment ?

    -Pas en voiture, je n’ai pas entendu de bruit de moteur, tu sais ça résonne dans la côte, alors tu me crois ?

    Je parle de la visite de la maison des Mazard, de la certitude qu’un homme y a séjourné.

    -Tu vois, je ne suis pas fou, c’est Marcel ou Gabriel, un revenant.

    -Tu te souviens de Margot, elle avait des amoureux ?

    -Possible, elle était mignonne, elle me plaisait aussi mais…

    -Mais tu avais une maîtresse, j’ai même entendu dire que c’était sa patronne, madame Vernat.

    -Vous dans les journaux, vous avez des grandes oreilles, le neveu de Fernande aussi courait après Margot, et puis d’autres.

    Je sors la photo de mon portefeuille.

    -Celui-ci, tu le connais ?

    -Attends-voir, non, peut-être bien le neveu de Fernande, je ne suis pas sûr, c’est tellement loin tout ça !

    J’examine à nouveau la dédicace, il me semble reconnaître un V majuscule.

    -Son prénom, tu te souviens ?

    -Maurice je crois…un V tu dis, c’est peut-être Vincent Vernat, ils avaient le même âge…oui je crois reconnaître les yeux, tu l’as déjà vu ?

    -Je n’ai jamais eu l’occasion de le rencontrer, ses cousins oui, quand il y a un vol, j’ai affaire à eux.

    -Si tu as le temps, va voir Mozart, dis-lui que je vais bientôt revenir.

    -Mozart ! Tu as appelé ton chien Mozart !

    -Et alors, c’est pas un beau nom!... Comme ça tu verras Vincent.

     

    -Comment, vous êtes déjà au courant ?

    Je venais de pénétrer dans la cour de la scierie Vernat, Louis, l’un des patrons venait vers moi.

    -Au courant de quoi ?

    -D’un vol cette nuit, des jerricans d’essence, quatre.

    -Vous avez de l’essence en bidons ?

    -Pour les tronçonneuses, quand nous allons en forêt, j’allais appeler les gendarmes.

    -Vous croyez que la gendarmerie va se déplacer pour quelques litres d’essence ?

    -Vous êtes marrant vous, depuis le début de l’année, deux tronçonneuses, des pneus, toujours les mêmes loustics.

    Un autre homme sort du bureau, ce doit être Vincent.

    -Monsieur a raison Louis, on ne va pas déranger les gendarmes une fois de plus, ils ont d’autres chats à fouetter en ce moment.

    C’est en effet Vincent et je lui demande des nouvelles du chien de Hans.

    -Vous êtes Laurent Passy, le charbonnier m’a parlé de vous, il va bien Mozart, on a eu droit à un concert cette nuit, il a entendu les voleurs lui, nos autres chiens n’ont pas aboyé, venez, il est derrière dans un enclos, je n’ai pas voulu l’attacher, chez Hans il était libre.

    Je m’attendais à voir une sorte de berger allemand ou un bouledogue, c’est un bâtard tirant sur le setter, il a une bonne tête et, à mon approche, il gambade et remue la queue.

    -Mon petit-fils l’a déjà adopté, quand il retrouvera son maître, il pourra lui rendre visite, ce n’est pas loin.

    J’essaye de deviner le jeune homme de la photo sur le visage de Vincent qui doit avoir dans les soixante ans, le regard clair est ressemblant.

    Je brûle de lui montrer la photo, je vais préparer le terrain avant, je lui parle de la visite de la PJ et de la gendarmerie dans la maison de Champbourg.

    -J’ai lu votre compte-rendu dans la Gazette, vous avez réveillé bien des souvenirs.

    Vincent a les yeux fixés vers la forêt, silencieux.

    -Oui, bien des souvenirs…

    -Je comprends, vous connaissiez bien la famille.

    J’avais dix-sept ans en 44, Bouboule s’occupait de la chaudière, c’est tout ce qu’il était capable de faire le brave garçon, mais le faisait bien, il était consciencieux.

    -Et Margot ?

    Un nouveau silence, j’en profite pour sortir la photo.

    -Vous allez m’en vouloir, voilà ce que j’ai découvert dans la maison de Champbourg.

    Vincent regarde la photo sans réagir, il est comme tétanisé, il la retourne.

    -Pourquoi vous en voudrais-je ?... Je n’imaginais pas qu’elle l’avait conservée, je me demandais même si elle l’avait trouvée, je l’avais glissée dans la poche de son manteau accroché dans l’entrée, j’étais encore un gamin, c’était déjà une femme, je la trouvais jolie et gentille, c’est ce que j’avais écris au dos, elle n’avait eu aucune réaction, j’étais déçu, et puis quelques jours plus tard…

    -Le jour de la rafle, elle était en jour de congé ?

    -Oui et non, elle avait demandé sa journée car sa mère était souffrante, sinon, elle aurait été épargnée…C’est affreux.

    Nous revenons dans la cour.

    -J’étais militaire en Allemagne, en 47 et je suis allé visiter un camp nazi, il était resté en l’état, l'odeur de la mort flottait encore dans ce lieu maudit…J’ai pensé aux souffrances endurées par Margot,  par ses parents, par ses frères…et vous pensez que l'un de ses frères a survécu, qu’il est revenu ici ?

     


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    Les poires

    A part les poiriers donnant des pommes à cidre, ces arbres sont souvent dans les jardins, proches des maisons ou en espalier. Je me souvenais, du temps de ma jeunesse, des poiriers aux fruits fondants et juteux, un délice. Il y avait aussi des poires à conserver, à déguster l’hiver, elles étaient soigneusement rangées dans le cellier et servait de dessert le dimanche.

    Pour retrouver ces souvenirs, j’ai planté deux poiriers contre un mur sud de notre maison, un avec des poires fondantes et l’autre des poires à conserver. Pendant les cinq premières années, les récoltes ont été maigres, parfois trois ou quatre par arbre. Les fondantes étaient grignotées par les guêpes et les autres devenaient molles en vieillissant. Cette année, c’est exceptionnel, j’ai compté 80 fondantes que nous avons commencé à manger depuis une dizaine de jours, de beaux calibres et elles sont épargnées par les guêpes. Sur l’autre, plus petit, une quarantaine, le problème, je ne sais pas comment je vais les conserver, nous n’avons pas de cave et le sous-sol n’est pas très frais ! 

     

     


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  • J’attendais l’invitation de la PJ, Olivier m’appelait le lundi après-midi.

    -Je sais, c’est un peu à la dernière minute mais il me fallait l’accord de mes supérieurs pour accepter ta présence, tu peux venir avec ton photographe, demain mardi 8 heures, rendez-vous devant la masure.

    -Du nouveau concernant le crime de Montlieu ?

    -La presse aurait été avertie, non, deux pistes, celle de ton zombie d’où la perquisition à Champbourg et celle de trafiquants d’armes anciennes, je suppose que tu préférerais la seconde ?

    C’est évident, si ce revenant est un fils Mazard, pour quelles raisons aurait-il supprimé Simon Chauby ?

     

    En passant devant la ferme Perret, j’aperçois Roger, il me fait un signe de la main, je m’arrête.

    -Je n’ai pas le courage d’accompagner les policiers pour la visite, mes administrés sont prévenus, vous n’aurez aucun curieux, chacune, chacun va rester chez soi, personne n’a jamais osé pénétrer dans cette maison, même les gosses s’en écartent, je ne crois pas trop aux lumières qui soi-disant dansent la nuit derrière les fenêtres, je vais à la mairie, l’inspecteur Mansuy doit m’y rejoindre à l’issue de la perquisition.

     

    -On a failli annuler cette opération, le coupeur de têtes de Montlieu, cravaté cette nuit à une cinquantaine de bornes d’ici, un dingue féru d’armes anciennes, il a avoué, il voulait acheter un fusil de valeur à Chauby qui a refusé, il a trouvé un moyen de s’emparer,  enfin c’est sa version.

    Cette nouvelle me rassure.

    -Reste tout de même l’incendie, l’œuvre d’un autre individu, et puis il faut rassurer les gens du bled, les histoires de lumière dans la nuit les traumatisent.

    La porte d’entrée résiste, nous pénétrons par une remise qui communique avec la cuisine, en fait la pièce principale éclairée par deux fenêtres sans carreau, une odeur désagréable flotte dans cet endroit et nous pique les narines, tout de suite nous constatons qu’elle a été occupée il y a peu de temps, plusieurs sacs poubelle sont remplis de linge et de vêtements moisis, de papiers jaunis.

    Sur une grande table vermoulue trainent des miettes de pain, des peaux de saucisson et plusieurs journaux.

    -Laurent, un lecteur de la Gazette.

    Les journaux sont récents, je les feuillette et, comme je le supposais, ce sont ceux qui relatent les faits-divers, l’incendie du hangar, la sonnerie de cloches, mais également les articles concernant l’assassinat de Simon Chauby.

    Un verre et un couteau sont posés sur l’évier en pierre, dans un coin de la pièce, un sac de couchage neuf.

    -Les gens du bled n’ont pas rêvé, cette masure a bien été squattée.

    Sur un buffet bas, quelques cadres supportant des photos, difficile de voir ce qu’elles représentent même en essuyant la poussière, mais sur l’un des clichés, je devine quatre enfants, une fille et trois garçons.

    Ce décor est oppressant, nous parlons presqu’à voix basse, l’impression de violer un sanctuaire.

    Un gendarme doit forcer une porte afin de visiter les autres pièces.

    Nous sommes dans une chambre, avec un grand lit de bois au matelas en décomposition, une armoire ouverte et vide, son contenu doit être dans les sacs en plastique.

    Une autre pièce attenante comprend trois lit à ossature fer, sans doute la chambre des garçons, une autre porte n’offre qu’une faible résistance et j’entre dans une petite pièce, la chambre de la jeune fille je suppose. Un seul lit en fer, rongé par la rouille, la literie est en charpie, les souris et les rats doivent hanter cet endroit lugubre.

    Un rayon de soleil entre par une petite fenêtre haute et éclaire une partie du lit, là où se trouvait l’oreiller, je pense à Margot, victime innocente de la barbarie nazie à l’aube de sa vie de femme.

    J’hésite à ouvrir le tiroir de la table de nuit, je découvre un porte-cartes, les feuillets sont collés, je détache délicatement plusieurs photos, dont celle d’un jeune homme, un amoureux probablement, au dos les traces d’une écriture, je glisse cette photo dans ma poche dans un réflexe inexplicable.

    Le tour de la maison est terminé, nous sortons en silence, quelques gendarmes étaient en faction mais ils n’ont pas eu besoin de canaliser les curieux, Roger avait raison, pas une âme qui vive dans la rue, et pourtant il fait un temps superbe.     

    Benoît est ému, comme nous le sommes tous, il n’a pris que quelques photos.   

     

    -Vous allez à la mairie, je peux vous accompagner, j’aimerais parler à Roger Pierret ?

    -Je n’y vois pas d’inconvénient Laurent, je vais déjà l’informer que son harceleur n’est pas l’assassin de Chauby, je pense que cette nouvelle va lui plaire aussi.

    Effectivement le maire de Champbourg est soulagé.

    -Reste à savoir comment va réagir celui qui a occupé la maison en constatant qu’elle a été visitée, je me demande, et qui est-il ? Celui qui nous empoisonne, sans aucun doute.

    Mansuy rassure :

    -Les gendarmes vont exercer une surveillance, faire des rondes régulières, cette affaire n’est plus de notre ressort.

    L’adjudant Quentin confirme.

    Je choisis ce moment pour parler de Hans, de son choc en croyant reconnaître monsieur Mazard.

    -Le retour d’un des fils devient probable, mais pourquoi se cache-t-il ?

     

    Avant d’aller au bureau, je passe à la maison, mes vêtements sont imprégnés d’une mauvaise odeur, je suis obligé d’ouvrir les vitres de la voiture.

    -En effet, tu sens mauvais, prend une douche et change-toi.

    Martine est comme moi, elle est sensible aux odeurs, c’est un bienfait car elle utilise un parfum discret et souvent me demande mon avis à partir d’échantillons.

     


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